Poésie

Nouvelle édition de deux recueils antérieurs publiés respectivement en 1981 et 1987. Peut-on avoir deux langues maternelles? s'interroge ici le poète de Timmins, parfait bilingue et parfait dépossédé, parti sur les routes pour "confirmer sa substance". Une poésie qui exprime avec intensité la fragilité culturelle de l'artiste franco-ontarien et sa détermination.

Trois recueils où le passé et le présent, l'Ontario natal et le Québec adoptif se heurtent, se répercutent dans une poésie où la tendresse se cherche un abri. 1995.

Rosie Desbiens agit par l’écriture en véritable aventurière du langage, approchant la douleur dans un face à face qui peut évoquer Artaud ou Vanier tant la charge est extrême, mais avec aussi une réelle compassion.

Recueil d'une soixantaine de poèmes en prose sur les thèmes de la mer, des marins, de l'attente, des grands paquebots, des peintres et écrivains voyageurs.

Ce livre commence au pied du mur. Je n’ai plus rien à dire, je n’ai plus de souffle. Mais on me questionne, on me harcèle : « Qu’as-tu? de quoi souffres-tu? quel mal t’ai-je donc fait? » Et je suis sans paroles, je suis un animal, je suis désolée je ne peux pas. Il faut néanmoins essayer, poursuivre la conversation, reprendre pied. Me saisissant de quelques mots trop gros, j’entreprends de construire des escaliers. Des poèmes qui descendent l’escalier.

Quand j’ai emménagé coin Cuvillier et Sainte-Catherine, dans Hochelaga, je pensais avoir tout gâché, tout perdu. Autour de mon appartement, il y avait les ouvrières et les enfants d’autrefois, il y avait les filles de la rue, leur présence comme une menace, mais aussi un mystère, un espoir. Un jour je descendrais les rejoindre, pour de bon.

Depuis l'attribution mon enfant n'a ni grandi ni changé il reste cette petite chose encombrante et bruyante j'essaie de lui couper les cheveux ils repoussent toujours pareils il doit être lavé et nourri sinon son état se détériore je l'ai remarqué à quelques reprises. Entre la dépendance et le ravissement, entre l'amour fusionnel et le parasitisme, la poète montre la noirceur qui s'infiltre dans la maternité.

La poésie publiée entre les années 1900 et 1940 a été marquée par quelques œuvres phares qui ont survécu aux effets de mode; À l’ombre de l’Orford compte parmi celles-là.

Ce lieu touffu dans lequel nous entrons, vaste, furieux, peuplé d’êtres et d’idées et d’images, une cathédrale de mots, cette Cathédrale de tout, là où ça s’affronte et se bouscule sur la route vers le sens. L’histoire, des histoires, une et mille et mille, comme une collection de mondes aux personnages étonnés. Des tableaux habités, hantés, foisonnants, furieux. La vie dans des souffles.

Il y a des livres qu'on ne referme jamais. De ces livres qui restent ouverts parce qu'ils nous font perdre le souffle, et dont on reprend la lecture par manque d'air. Les poèmes de Geneviève Desrosiers sont de cet ordre très rare qui fait basculer l'art du côté de la vie.

