Théâtre

Les onze personnages de cette Messe, dont la plupart apparaissent pour la première fois dans le monde de Michel Tremblay, ne sont pas inconsolables. S'ils ont peur de se perdre dans l'enfer de l'amertume et de la méchanceté, de la violence, de l'indifférence et du dédain, ils aspirent tous à une libération d'eux-mêmes, définitive. Lorsque paraît la lune d'été, la lumière éternelle de la pleine lune triomphante, ce lait de paix, le destin de chacun Isabelle, Yannick, Jeannine, Louise, Rose, Mathieu, Gaston, Mireille, Yvon, Gérard, la veuve prend feu dans une liturgie dramatique d'une exceptionnelle intensité.

Thème central: la réconciliation des générations. Quelques personnages importants de l'oeuvre romanesque de l'auteur (Victoire, Albertine, la grosse femme, Edouard, etc.) se retrouvent à Duhamel (Laurentides) dans la maison de campagne familiale à des périodes différentes: 1910, 1950, 1990. Accueil généralement favorable du public, plus mitigé de la critique qui trouve la structure de la pièce trop complexe.

Une fois arrivée au Paradis, Nana ne perd rien de sa verve ni de sa mauvaise foi, de son sens du théâtre ni de ses réparties assassines! Sans doute à droite d'un Dieu - qu'elle appelle le Noyau Central faute de mieux! - dont elle n'a jamais vu le bout du nez, elle a la surprise de se retrouver entre sa belle-mère, toujours aussi critiqueuse, et sa propre mère, Maria Desrosiers... "Qui c'est qui a envie de passer le reste de son éternité entre sa mère pis sa belle-mère?" La Grosse Femme côtoie maintenant une famille "reconstituée", dans un au-delà surréaliste et poétique où Michel Tremblay conjugue avec un plaisir coupable humour et gravité, dérision et auto-dérision.

Un soir, au Coconut Inn, trois filles regardent leur vie ratée en face. Il y a Berthe, caissière, qui rêve d'une carrière à l'Hollywood. Carlotta, une dresseuse de chiens, qui fait un bilan de sa vie de couple avec Johnny Mangano. Et l'agente de la célèbre Gloria Star, qui explique son dévouement à la gloire des autres.

Édition originale, 1968. L'oeuvre dramatique la plus connue au Québec. Une belle réussite. L'aliénation ordinaire d'un groupe de femmes de classe modeste, rassemblées à la cuisine pour une petite fête. L'une d'entre elles a gagné un million de timbres-primes.

Histoire d'amour entre Carmen, chanteuse western, et la Main, rue grouillante d'humanité au cœur de Montréal, cette tragédie est la plus classique du cycle des Belles-sœurs, parce que régie par les règles de la grande dramaturgie grecque : la transgression et le châtiment.

Avec cette dernière pièce du puzzle des Belles-sœurs, Michel Tremblay jette un éclairage nouveau sur tout le cycle. Sainte Carmen de la Main fût la mise à mort, tragique, d'une certaine espérance. Damnée Manon, Sacrée Sandra sera la fin de Manon et la fin du monde de Michel Tremblay. Double eschatologie dont le bilan à venir, qui reste à faire et à refaire, se situera, je l'espère, au-dessus d'une simple controverse linguistique.

Douzième pièce du cycle des Belles-sœurs. On nous présente Albertine, la mère de Thérèse et de Marcel, à cinq âges différents (30, 40, 50, 60 et 70 ans). Ces cinq Albertine dialoguent entre elles et avec leur sœur Madeleine à la recherche d'une certaine harmonie.

Michel Tremblay met en scène quatre bourgeoises d'Outremont réunies dans le salon maternel. Elles parlent de leurs goûts, de la culture, et à travers leur affrontement c'est la théorie dramatique de l'auteur qui est formulée. Le théâtre est le produit d'une société et il est vain de se refuser tels que nous sommes. Le titre cite (ironiquement) Molière et Giraudoux. L'introduction est de Laurent Mailhot, lequel souligne bien que cette pièce est un plaidoyer pro domo et une attaque contre les détracteurs "cultivés" du dramaturge (cf. p. 9-19 de la version imprimée).

Lucide, confus, manipulateur, tyrannique, menteur, affectueux, cynique. Noël fait voir et entendre le drame d'un homme atteint d'alzheimer, aux prises avec les démons de son passé de père et de mari. Il revoit sa femme et ses enfants à différents âges, dans un malstrom d'émotions fortes.

